Ne pas soigner une infection sexuellement transmissible peut engendrer de graves problèmes de santé. La difficulté est que de nombreuses IST peuvent demeurer asymptomatiques, et c’est ce qui explique l’importance de se faire régulièrement tester.

Nous allons donc développer les complications les plus fréquentes qui peuvent apparaître sur le long terme si une IST n’est pas traitée.

Maladie inflammatoire pelvienne

Une maladie inflammatoire pelvienne se traduit généralement par une infection et est causée par la présence d’une bactérie, progressant du vagin ou du col de l’utérus vers les voies génitales supérieures.

Les femmes touchées par cette infection ressentiront une douleur dans le bas-ventre, une certaine douleur durant les rapports sexuels ou au moment d’uriner, des règles abondantes, des saignements entre les règles, des sécrétions inhabituelles, de la fièvre, de la nausée ou des vomissements. La maladie inflammatoire pelvienne peut être causée par une gonorrhée ou une chlamydia non soignées.

Il n’y a pas de chiffres officiels pour la France, mais on estime que 150 000 femmes par an développent une salpingite (qui font le lit de la maladie inflammatoire chronique). Cette inflammation peut aussi conduire à une infertilité de la patiente.

Infertilité

Comme indiqué ci-dessus, les IST peuvent sur le long terme provoquer une infertilité chez l’homme et la femme. Officiellement, on parle d’infertilité quand un couple n’arrive pas à concevoir au bout d’un an.

L’infertilité chez les femmes est provoquée par les dommages que l’IST peut causer dans les trompes de fallope. L’infertilité masculine résulte souvent de la contraction de la chlamydia. Cette dernière peut engendrer une réduction du nombre de spermatozoïdes produits, ce qui complique toute conception.

Les multiples études sur le sujet ont montré que ce sont les jeunes adultes, âgés entre 15 et 24 ans, qui sont le groupe le plus concerné par la contraction d’IST. Dans certains pays comme les Etats-Unis, on estime que la moitié des cas d’IST concernent les jeunes adultes. En France, la situation est moins dramatique même si depuis plusieurs années on a remarqué une recrudescence de certaines infections dont la gonorrhée.

Il est vrai que les jeunes sont moins réactifs aux risques sur le long terme que l’infection peut provoquer, notamment celui concernant l’infertilité. C’est donc un réel travail de prévention.

Fausse couche et grossesse extra-utérine

Certaines IST peuvent engendrer des dommages permanents concernant les organes reproductifs féminins. Le risque est de compliquer la possibilité de tomber enceinte. Les effets peuvent aussi être néfastes durant la grossesse.

Une maladie inflammatoire pelvienne peut provoquer des cicatrices compliquant le passage des ovules, des ovaires vers l’utérus. Cela peut augmenter le risque que l’ovule demeure bloqué dans les trompes de fallope.

Si l’ovule commence à se développer en dehors de l’utérus, on parle de grossesse extra-utérine. Les conséquence sont dangereuses pour la santé, voir fatales.

Selon une étude scientifique, 40% des grossesses extra-utérines résultent d’une infection, dont les IST.

Les bactéries se transmettant par l’intermédiaire d’une IST, comme la chlamydia, peuvent engendrer le décès du foetus. En outre, la contraction d’un herpès génital durant une grossesse peut aussi provoquer une fausse couche.

Orchiépididymite

L’orchiépididymite est une maladie que certains hommes contracteront s’ils ne sont pas soignés pour une IST qu’ils ont préalablement contracté. Les symptômes se traduisent par l'apparition d’une protubérance au niveau de la partie du testicule produisant les spermatozoïdes. L’orchite est le nom clinique donné à cette grosseur.

Cette maladie est généralement causée par une IST, comme une chlamydia ou une gonorrhée. Ces deux infections touchent l’urètre, mais la bactérie en cause peut aussi sur le long terme atteindre les testicules.

Enfin, il semblerait que dans de rares cas, l’orchiépididymite puisse réduire le nombre spermatozoïdes produits et donc réduire la fertilité du patient.

Augmentation du risque de contraction du VIH

Les personnes ne soignant pas leur IST et ayant des rapports sexuels non protégés voient augmenter le risque de contraction du VIH. Selon la Fondation Médicale Palo Alto, les femmes ayant une chlamydia ont jusqu’à cinq fois plus de risque de contracter le VIH.

C’est pourquoi le traitement pour une IST est aussi important pour prévenir et réduire la contraction du VIH. Ce virus cause des dommages sérieux auprès du système immunitaire humain, jusqu’à parfois le rendre inopérant. A l’heure actuelle, il n’existe pas de traitement définitif contre le VIH même si cette maladie peut être gérée dans la vie de tous les jours.

Propagation de l’infection

Si votre IST demeure non traitée et que vous avez des rapports sexuels non protégés, il y a un risque très important de contaminer votre partenaire. Les femmes peuvent aussi transmettre l’infection au bébé durant l’accouchement.

Syphilis

Non soignée, cette maladie a la particularité d’évoluer en trois stades.

Les premiers et deuxième stades peuvent causer des symptômes désagréables. Cependant, c’est le troisième stade de la maladie qui peut être particulièrement dangereux pour la santé et causer une défaillance d’organes, un AVC, une paralysie, une perte de la vue, une perte d’audition, une maladie cardiaque et une démence.

Comment éviter toute complication médicale ?

Les éventuelles complications causées par une IST non soignée sont nombreuses et peuvent être dangereuses pour la santé du patient.

Il est essentiel de commencer un traitement médical aussi rapidement que possible, afin de réduire les risques de complication. Pourtant, il ne faut pas négliger que de nombreuses IST son asymptomatiques et qu’elles passent donc inaperçues.

Si vous avez donc des rapports sexuels non protégés ou pensez avoir contracté une IST, consultez immédiatement votre docteur afin qu’il vous prescrive un test. C’est la façon la plus sure pour savoir si vous avez une IST.