Il peut être parfois difficile de remarquer la présence d’une IST, tout simplement parce qu’elles souvent asymptomatiques.

Pourtant, ce n’est pas parce qu’il n’y a pas de signes visibles que vous n’êtes pas affecté par une IST. C’est pourquoi il est important de garder à l’esprit que toutes les IST peuvent se transmettre via des rapports sexuels, même si vous ne développez aucun symptôme.

Plus vous aurez de rapports non protégés, plus le risque de contracter une infection sexuellement transmissible est élevé. Néanmoins, il suffit d’une fois pour contracter une telle infection.

Comment savoir si j’ai contracté une IST ?

Nous évoquerons ci-dessous les symptômes et signes les plus fréquents chez les hommes et les femmes.

Chlamydia

La chlamydia est l’infection sexuellement transmissible la plus fréquente en France, mais aussi en Europe. On considère qu’elle touche 2 000 à 4 000 personnes par an pour 100 000 habitants. Cette infection est causée par la bactérie chlamydia trachomatis et se transmet via des rapports anaux, vaginaux et oraux non protégés, ainsi que par le partage d’accessoires sexuels.

Comment savoir si j’ai contracté la chlamydia ?

Les hommes, comme les femmes, peuvent ressentir de la douleur au moment d’uriner et observer des sécrétions génitales inhabituelles. Plus spécifiquement, les femmes remarqueront un changement de consistance de leur sécrétion vaginale alors que les sécrétions masculines peuvent être plus fines que d’habitude, blanches ou trouble.

Les femmes peuvent aussi noter des douleurs abdominales basses, des saignements entre les règles et des menstruations plus abondantes.

Les hommes peuvent ressentir une certaine douleur au niveau des testicules.

Parfois la chlamydia peut toucher les yeux et provoquer une conjonctivite avec des symptômes tels que des rougeurs, une sécrétion oculaire et une certaine douleur.

Néanmoins, il faut noter que très souvent l’infection chlamydia demeure asymptomatique. En effet, 80% des femmes et 50% des hommes concernés par cette IST ne développeront pas de symptômes.

Non soignée, la chlamydia peut conduire à une infertilité et d’autres complications.

Gonorrhée

La gonorrhée est une maladie bactérienne se transmettant d’une personne à une autre lors de rapports sexuels non protégés.

Comme pour la chlamydia, la gonorrhée peut être asymptomatique chez les hommes et femmes.

On constate une recrudescence du nombre de cas de gonorrhée depuis plusieurs années. Une souche résistante aux antibiotiques et appelée “super-gonorrhée” est apparue au Royaume-Uni, pays particulièrement touché par les cas de gonorrhée.

Comment savoir si j’ai contracté la gonorrhée ?

Que ce soit chez les patients de sexe féminin ou masculin, ces derniers constateront l’apparition d’une sécrétion génitale verte ou jaune.

La gonorrhée peut aussi toucher les yeux, le rectum et de la gorge causant un gonflement, des sécrétions et un certain inconfort.

Les hommes peuvent développer un gonflement du prépuce, de la douleur au moment d’uriner et une sensibilité au niveau des testicules.

Néanmoins, encore une fois, cette infection est asymptomatique chez 10% des cas masculins et chez 50% des cas féminins.

Sans traitement médical, la gonorrhée peut provoquer de graves problèmes de santé, dont une infertilité.

Syphilis

Le treponema pallidum est le nom donné à la bactérie responsable de la syphilis. Cette maladie est beaucoup plus fréquente chez les hommes que chez les femmes puisque environ 80% des cas répertoriés concernent les hommes ayant des relations sexuelles avec d’autres hommes.

Comment savoir si j’ai contracté la syphilis ?

La maladie se développe en trois phases. Chez les hommes et les femmes, le stade primaire se concrétise par l’apparition d’une grosseur ou d’un ulcère indolores , appelé cliniquement ‘chancre’.

Généralement, cette grosseur se développe au niveau de la zone de transmission, c’est-à-dire sur le pénis, le vagin, l’anus, les doigts, la bouche, les lèvres ou le fessier. Les glandes lymphatiques peuvent aussi gonfler.

Les symptômes caractéristiques du stade secondaire apparaissent quelques semaines après la cicatrisation de la grosseur.

Encore une fois, les symptômes de cette deuxième phase sont identiques chez les hommes et les femmes. Ces derniers se traduisent par des démangeaisons généralement sur les mains et/ou pieds. En outre, des excroissances cutanées peuvent apparaître au niveau de l’anus (hommes et femmes) ou sur la vulve féminine. La patient peut aussi constater une perte de poids, une chute des cheveux, des symptômes grippaux ou un gonflement des glandes lymphatiques.

Ces symptômes peuvent être actifs durant plusieurs mois, avant d’entrer dans une période de latence.

A ce stade, aucun symptôme ne se manifeste mais l’infection est toujours présente. Durant les stades un et deux, la syphilis peut se soigner efficacement grâce à la prescription d’antibiotiques.

Si la syphilis atteint le troisième stade, les conséquences peuvent être dramatiques pour la santé et conduire au décès du patient.

Herpès

L’herpès génital est plus fréquent chez les femmes que chez les hommes.

L’herpès est une infection causée par le virus herpès simplex (VHS) et peut se manifester par l’apparition de cloques et de plaies particulièrement douloureuses au niveau des organes génitaux. Ce virus se transmet très facilement via des contacts dermatologiques avec une zone affectée.

Comment savoir si j’ai contracté un herpès ?

Il n’est pas facile de diagnostiquer un herpès car les signes de cette infections ne sont pas facilement identifiables.

Néanmoins, comme indiqué précédemment, l’herpès génital se traduit par l’apparition de cloques très douloureuses sur les parties génitales.

Il existe deux souches distinctes du VHS pouvant toucher différentes muqueuses du corps. Ainsi, le VHS-1 concerne la bouche alors que le VHS-2 affecte directement les parties génitales. En plus des cloques, les symptômes les plus fréquents consistent en des douleurs ressenties au moment d’uriner et des symptômes grippaux.

En outre, les femmes atteintes d’herpès peuvent constater des sécrétions vaginales et l’apparition de cloques au niveau du col de l’utérus.

L’herpès se caractérise par une alternance entre périodes de crise et périodes de dormance du virus. Les patients peuvent constater sur le long terme une diminution de l’intensité des symptômes lors d’une crise d’herpès.

Il est impossible de soigner définitivement le virus et une fois introduit dans le corps, le patient doit s’habituer à vivre avec. Les médicaments existants peuvent uniquement aider à diminuer les symptômes de l’herpès.

Verrues génitales

C’est une infection extrêmement fréquente puisqu’on estiment que 70 000 personnes sont concernées chaque année. 

Cette infection est causée par la contraction du papillomavirus humain (VPH) et se transmet par contact humain, lors de rapports sexuels non protégés.

Comment savoir si j’ai contracté des verrues génitales ?

Comme son nom l’indique, cette infection se traduit par l’apparition de petites excroissances dans et autour des parties génitales. C’est excroissance a un aspect granuleux.

Les hommes et les femmes peuvent contracter cette maladie, mais les verrues n’apparaîtront pas au même endroit.

Chez les femmes, on constate le développement de condylomes à l’intérieur du vagin, sur la vulve, le col de l’utérus, le haut de la cuisse et l’anus.

Les hommes verront les symptômes se développer sur leur pénis, l’anus, l’urètre, le scrotum et le haut de la cuisse.

Les symptômes n’apparaissent pas toujours immédiatement après la contraction du virus. Ce dernier peut être en “sommeil” pendant plusieurs semaines, voir plusieurs mois. Les verrues sont majoritairement non douloureuses mais elles peuvent aussi provoquer des démangeaisons ou une sensation de brûlure.

Non soignées, certaines souches du VPH peuvent conduire à un cancer de l’utérus.

Trichomonase vaginalis (TV)

La trichomonase vaginalis est une IST causée par un parasite du même nom. Elle constitue la première cause de transmission non virale en France.

La moitié des personnes touchées ne développera pas de symptômes. Comme pour les autres IST, la TV se transmet pas rapports sexuels non protégés (rapports vaginaux, anaux, oraux et partage d’accessoires sexuels).

Comment savoir si j’ai contracté la trichomonase vaginalis ?

Les femmes peuvent remarquer la présence des symptômes suivants même si pour beaucoup, l’infection demeure asymptomatique : sécrétions vaginales irrégulières, épaisses, fines, mousseuse, de couleur jaune-verte et malodorante; inflammation et douleur autour du vagin, démangeaison en haut de la cuisse, douleur au moment d’uriner ou pendant un rapport sexuel et sensibilité au niveau de l’abdomen.

Les hommes peuvent constater une infection de leur urètre, de leur prépuce ou de la prostate. Les patients masculins peuvent aussi souffrir de douleurs au moment d’uriner ou d’éjaculer; une urination plus fréquente; une sécrétion blanche et une inflammation douloureuse autour du sexe, du nom de balanite.

Les symptômes de la TV sont relativement similaires aux autres IST, et c’est pour cette raison qu’elle peut être difficile à diagnostiquer. Votre médecin peut effectuer un prélèvement de la zone affectée afin de vérifier le diagnostique. Pour les hommes, un test urinaire peut aussi permettre de déterminer si vous souffrez d’une TV.

Vaginose bactérienne

La vaginose bactérienne n’est pas à proprement parler une IST, bien que cette maladie cause des symptômes similaires à la plupart des infections décrites ci-dessus.

Cette infection concerne uniquement les femmes et se traduit par des sécrétions vaginales grises, fines et odorantes. Pourtant, beaucoup de femmes ne développeront pas de symptômes et ne s’apercevront pas de la contraction de cette infection.

La vaginose bactérienne n’est pas une infection grave et elle se soigne facilement grâce à des antibiotiques oraux.

Comment savoir si j’ai contracté une IST ?

Comme vous avez pu le lire, la plupart des IST ont tendance à être asymptomatique. Ce qui signifie que la bactérie, le virus ou le parasite peuvent être présents dans votre corps sans que vous vous en aperceviez. C’est pourquoi il est essentiel de consulter régulièrement votre docteur et d’effectuer des tests si vous avez des rapports sexuels non protégés.

Si vous êtes inquiet et pensez avoir contracté une IST, n’hésitez pas à effectuer un test. De multiples centres existent en France. Et votre médecin traitant n’hésitera pas à vous prescrire un test urinaire pour s’assurer que vous n’avez pas contracté d’infections.