Il existe actuellement quatre principaux traitements contre la dysfonction érectile autorisés sur le marché français : le Viagra, le Cialis, le Levitra et le Spedra. Ces quatre médicaments sont disponibles uniquement sur prescription et doivent donc faire l’objet au préalable d’une consultation chez le docteur, ou en ligne avec un médecin qualifié. Néanmoins, ces produits contre l’impuissance sexuelle ne sont pas inscrits sur la liste des médicaments pris en charge par la collectivité et ne sont donc pas remboursés par la sécurité sociale ou par votre mutuelle de santé.

Qu’est-ce que la sécurité sociale et peut-elle rembourser les traitements de l’impuissance ?

Ce qu’on appelle ‘sécurité sociale’ est l'assurance-maladie qui couvre les frais de médecine général, de soins spéciaux, de prothèses dentaires, de frais pharmaceutiques et l'équipement, les tests d'analyse et de laboratoire; l’hospitalisation et le traitement des soins lourds, la désintoxication, les vaccinations, les tests effectués dans les programmes de santé publique; l'hébergement et le traitement des enfants ou des adolescents handicapés. En cas de maladie, l'assurance maladie fournit des indemnités journalières à l'assuré qui se trouve dans l'incapacité physique de continuer ou de reprendre le travail. L'indemnité journalière dépend du gain journalier et du nombre d'enfants à charge. L’assurance maladie gère également les frais des examens et l’indemnité journalière pendant le congé de maternité. Enfin, elle prend en charge les personnes handicapées (pension accordée lorsque la personne est incapable de travailler) et les décès.

Afin d'être pris en charge par l'assurance maladie, les soins et les médicaments doivent répondre à deux conditions: être dispensés par un médecin privé ou public dûment autorisé à exercer et être inclus sur la liste des médicaments et des produits remboursables. L'assurance maladie fonctionne sur la base des tarifs fixés par convention ou par une autorité. Le sysème ne supporte donc pas toutes les dépenses. En principe, l'assuré doit avancer les frais, la sécurité sociale remboursera par la suite l'assuré. Cependant, il existe des conventions dîtes de "tiers payant", permettant à l’assuré de n’avancer qu’une partie des frais.

La couverture de l’assurance maladie dépend du passé professionnel ou présent du patient. Cependant, pour ceux qui ne remplissent pas les conditions d'adhésion basées sur leur situation professionnelle, mais résidant en France depuis au moins trois mois dans une situation régulière, il existe une couverture maladie universelle. Elle permet aux assurés, à leur partenaire quand il ne dispose pas d'un système de protection sociale, à leurs enfants à charge et à toute personne prise en charge par l'assuré et qui ne bénéficie pas d'un système de protection sociale, de recevoir gratuitement les prestations nécessaires.

Le Viagra est-il remboursable ?

Lors de sa commercialisation en 1998, les autorités sanitaires françaises ont réfléchi à une éventuelle prise en charge par la collectivité du remboursement du traitement Viagra. Le ministre de la santé d’alors, Bernard Kouchner, avait alors fait une demande en ce sens au comité national consultatif d’éthique. Voici la réponse du comité :

«La présentation du sildénafil a d'emblée pris la forme d'une réponse thérapeutique à une pathologie individuelle nouvelle, comme si le dysfonctionnement érectile était indépendant de tout contexte relationnel et affectif. Or la population ciblée était celle affectée d'un affaiblissement physiologique de la sexualité associé à l'âge, ce qui laissait penser que des hommes plus jeunes n'étaient pas confrontés à ce problème. En visant une clientèle particulière aux revenus souvent aisés, le discours à connotation médicale amplifiait aussi la logique de la performance qui depuis une génération entoure les questions de sexualité. La réduction d'un acte sexuel à une érection mécanique est certes fréquente mais risque d'induire le recours à ce produit devant toute panne sexuelle. Or les difficultés d'érection se situent dans un contexte qui nécessite souvent une approche pluridisciplinaire bénéficiant selon les cas de l'avis d'urologues, de sexologues, de gériatres, d'endocrinologues, de psychologues, de psychiatres, de cardiologues, d'internistes. Sans cette approche, l'échec éventuel du Sildénafil placerait le malade dans une situation de responsabilité psychique comportementale difficile à accepter alors que des paramètres organiques sont en cause.»

Le Cialis et le service médical rendu

Le ‘service médical rendu’ et ‘l'amélioration du service médical rendu’ sont des notions permettant à la Haute Autorité de Santé (HAS) de proposer l'inscription d'un médicament sur la liste des produits remboursables. Aussi, seuls les médicaments pour lesquels le laboratoire qui les commercialise souhaite obtenir leur inscription sur cette liste feront l'objet d'une évaluation du SMR et de l'ASMR. Par ailleurs, les médicaments génériques ne font pas systématiquement l'objet d'une évaluation du SMR et de l'ASMR. Seules les évaluations les plus récentes sont présentées dans la Base de données publiques des médicaments. Les évaluations antérieures restent disponibles sur le site de la HAS ou sur demande auprès de ses services.

En ce qui concerne le Cialis, la Haute Autorité de Santé a rendu l’avis suivant : le niveau du service médical rendu est important en cas de dysfonction érectile marquée (absence d’érection ou érection ne permettant pas un rapport sexuel) chez les patients souffrant de : paraplégie et tétraplégie quelle qu’en soit l’origine, traumatisme du bassin compliqué de troubles urinaires, séquelles de la chirurgie (anévrisme de l’aorte, prostatectomie radicale, cystectomie totale et exérèse colo-rectale) ou de la radiothérapie abdominopelvienne), séquelles du priapisme, neuropathie diabétique avérée, sclérose en plaques.

Néanmoins, si les autorités sanitaires reconnaissent l’efficacité du Cialis, elles ne peuvent pas proposer le remboursement, car le coût de ce stimulant sexuel serait trop grand pour la collectivité et des abus pourraient être commis. En ces temps de gestion des déficits publics, on peut comprendre la décision des autorités de ne pas procéder au remboursement des traitements de la dysfonction érectile.