La maladie inflammatoire pelvienne (MIP) est une maladie qui affecte le  système reproducteur des femmes. Ce dernier inclut les ovaires, les trompes de fallope, l’utérus et les voies génitales.

Elle résulte de la contraction d’une infection bactérienne, par l’intermédiaire de plusieurs types de bactérie. Plus précisément, le développement de la maladie inflammatoire pelvienne est la conséquence d’une infection sexuellement transmissible non soignée, comme la chlamydia ou la gonorrhée.

La maladie peut provoquer des symptômes tels que des douleurs pelviennes ou urinaires et un changement au niveau des règles. Cependant, ces symptômes sont très souvent bénins et passent inaperçus.

Non soignée, la maladie inflammatoire pelvienne peut conduire à des abcès, des douleurs pelviennes chroniques et même à une infertilité.

Les docteurs devront effectuer un examen pelvien et demander des analyses en laboratoire. Dans certains cas, des tests approfondis tels que des prélèvements sanguins et urinaires, ou un scan, seront nécessaires.

À un stage précoce, la MIP peut se soigner grâce à la prescription d’un traitement antibiotique. Mais les cas les plus graves nécessiteront une hospitalisation.

Dans cet article, nous discuterons des points suivants:

  • Les causes de la MIP
  • Qui peut contracter la MIP ?
  • Les symptômes
  • Les complications
  • Comment être diagnostiquée ?
  • Comment être soignée ?
  • Que faire pour diminuer le risque ?

Quelles sont les causes de la maladie inflammatoire pelvienne?

La MIP est causée par la contraction d’une infection bactérienne.

Il y a différents catégories de bactéries qui peuvent engendrer une maladie inflammatoire pelvienne. Et généralement, plusieurs d’entre elles seront dans le corps de la patiente ayant développé une MIP.

Cependant, la C. trachomatis (la bactérie responsable de la chlamydia génitale) et la Neisseria gonorrhoeae (responsable de la gonorrhée) sont les plus fréquemment impliquées.

Un quart des cas résulteraient d’une chlamydia ou d’une gonorrhée non soignée. Certaines études suggèrent que ce pourcentage est encore plus élevé et qu’entre 33 et 50% des cas seraient causés par ces deux infections sexuellement transmissibles.  

D’autres bactéries touchant le vagin et se diffusant du col de l’utérus vers les voies génitales supérieures peuvent être aussi à l’origine de la maladie pelvienne inflammatoire. La bactérie peut être inoffensive si elle se trouve dans le vagin mais engendrer des problèmes de santé lorsqu’elle entre en contact avec d’autres parties du corps.

L’infection peut se développer si le col de l’utérus est endommagé suite à une naissance ou après une fausse couche, ou lors de procédures chirurgicales telles que le placement d’un stérilet.

Les conditions d’hygiène peuvent aussi être en cause, notamment si la patiente a l’habitude de pratiquer des douches vaginales. Cette pratique peut contrarier l’équilibre bactérien du vagin.

Qui peut contracter une maladie inflammatoire pelvienne ?

Les femmes qui sont sexuellement actives ont un risque plus important de contracter cette maladie. Les risques de récidive sont aussi importants.

Dans un rapport en date de 2015, le Public Health England déclarait que la majorité des patientes diagnostiquées pour une MIP étaient âgées entre 20 et 24 ans. Alors que les diagnostiques réalisés à l’hôpital concernent majoritairement des femmes âgées entre 35 et 44 ans.  

En 2011, ce même organisme a comptabilisé 176 diagnostiques annuels pour une MIP à un stade primaire sur 100 000 femmes. Ce nombre monte à 241 diagnostiques à l’hôpital sur une population de 100 000 femmes.

Quels sont les symptômes de la maladie inflammatoire pelvienne ?

Plusieurs symptômes sont associés à la maladie inflammatoire pelvienne mais ils peuvent passer inaperçus.

Les symptômes peuvent inclure:

  • Des douleurs abdominales basses
  • De la fièvre
  • Des sécrétions vaginales
  • Des règles plus abondantes ou plus douloureuses que d’habitude
  • Des saignements intermenstruels ou des saignements après un rapport sexuel
  • Des douleurs urinaires ou des sensations de brûlure

Dans les cas les plus graves, la patiente peut aussi développer de la nausée et des vomissements.

Est-ce que la maladie inflammatoire pelvienne peut engendrer des complications ?

La réponse est oui.

Parmi de possibles complications, on peut citer: 

  • Des MIP récurrentes. Lors d’une infection initiale, les organes reproductifs ont subi des séquelles qui les rendent plus sujets à la contraction d’une nouvelle infection
  • Douleurs pelviennes de longue durée
  • Abcès dans les trompes de fallope ou les ovaires
  • Infertilité. Si l’infection cause des dommages permanents dans les trompes de fallope, cela peut provoquer une infertilité. Les spermatozoïdes rencontreront des difficultés à atteindre l’ovule et ce dernier ne pourra pas remonter jusqu’à l’utérus. On considère qu’une femme sur dix souffrant de MIP deviendra infertile en raison de l’infection contractée. Les patientes qui retardent la prise d’un traitement ou qui souffrent d’épisodes récurrents
  • Grossesse extra-utérine. Lorsque l’ovule, après avoir été fécondé par un spermatozoïde, s’attache au tissu externe de l’utérus. Généralement, il s’attachera aux trompes de fallope. Ce processus peut résulter de l’altération par l’infection de la muqueuse utérine

Le plus tôt une personne ayant contracté une MIP sera diagnostiquée et soignée, plus le risque de développer des complications sera faible. 

Comment être diagnostiquée ?

Votre docteur devra probablement réaliser plusieurs tests afin de déterminer la présence d’une maladie inflammatoire pelvienne et d’exclure la présence d’autres maladies. 

  • Examen gynécologique. C’est généralement la première étape du processus de diagnostique et votre docteur contrôlera les symptômes ressentis (tels qu’une sensibilité de la zone pelvienne ou si le vagin libère des sécrétions anormales) 
  • Prélèvement cervical. Il permettra de détecter la présence d’une chlamydia ou d’une gonorrhée. Un test positif peut indiquer la présence d’une MIP. Cependant, un test négatif ne signifie pas que la maladie n’est pas présente 
  • Test urinaire, sanguin, scanner ou test de grossesse. Ils peuvent aussi permettre de confirmer le diagnostique et de s’assurer que les symptômes ne sont pas causés par une autre maladie 
  • Laparoscopie. C’est une procédure qui consiste à réaliser de petites incisions dans l’abdomen et à insérer une minuscule caméra afin d’examiner la zone infectée et de contrôler l’inflammation. Cette option ne sera utilisée que pour une petit nombre de cas 

Comment être soignée ?

Le traitement classique consiste en la prescription d’une combinaison d’antibiotiques. Ils peuvent se présenter sous forme d’injection ou de comprimés.  

La catégorie d’antibiotiques qui se prescrite dépendra de la souche bactérienne contractée et responsable de l’infection. En outre, le médecin devra prendre en compte une éventuelle grossesse de la patiente.

Pour le traitement d’une maladie inflammatoire pelvienne, les traitements antibiotiques privilégiés sont les suivants:  

  • Ofloxacine et métronidazole;
  • Ceftriaxone (ou céfixime), doxycycline et métronidazole;
  • Ou ceftriaxone (ou céfixime), et azithromycine;

Dans les cas où le risque d’infection gonococcique est faible:

  • Ceftriaxone (ou cefixime), doxycycline et métronidazole;

Dans les cas où le risque d’infection gonococcique est élevé, l’antibiotique peut être prescrit sous forme d’injection, suivi d’un traitement de deux semaines d’un ou de plusieurs comprimés oraux. 

Si les symptômes sont graves, l’admission à l’hôpital peut s’avérer nécessaire et l’administration de médicaments d’antibiotiques se fera via une perfusion intraveineuse.

Les patientes souffrant d’une maladie inflammatoire pelvienne, et enceintes, devront être admises à l’hôpital.

Que faire pour diminuer le risque ?

Oui, c’est possible.  

  • Avant d’effectuer une procédure chirurgicale telle que l’application d’une stérilet, il est recommandé de consulter son gynécologue afin qu’il procède à un examen gynécologique et qu’il s’assure que vous n’avez pas contracté d’infection 
  • Ne pas faire de douches vaginales car vous risquez de déséquilibrer l’équilibre bactérien de votre vagin et d’augmenter le risque de MIP
  • Diminuer le risque de contraction d’une IST en ayant des rapports sexuels sûrs et en utilisant une contraception barrière (préservatifs)

Si vous êtes sexuellement active, il est fortement recommandé d’être testée au moins une fois par an pour les IST. Mais si vous pensez avoir contracté une IST, veuillez en parler à votre docteur afin d’être testée dès que possible. Lorsque des infections telles que la chlamydia sont détectées et traitées rapidement, le risque de complication (dont la contraction d’une MIP) est beaucoup moins important.

 

Dernière révision:  05/07/2017