Fumer a des effets dévastateurs sur la santé. On estime que la moitié du nombre total de fumeurs mourra d’une maladie liée au tabac. La cigarette est responsable dans 80% des décès résultant d’un cancer des poumons. Enfin, un quart des décès en raison d’un cancer sera causé par le tabac.

Malgré les connaissances concernant les effets du tabac sur la santé, les campagnes d’information et les interdictions de fumer dans les lieux publics, il est extrêmement difficile d’arrêter de fumer pour les fumeurs réguliers.

Selon les chiffres de tabac-info-service, 32% des personnes (âgés de 15 à 85 ans) fume. Entre 18 et 34 ans, une personne sur deux fume. Chez les hommes, le nombre de fumeurs réguliers a baissé depuis les années 1960. Ce n’est pas le cas pour les femmes puisque de plus en plus de femmes fument.

De quelle manière la fumée de cigarette affectent les différentes parties de notre corps? Et pourquoi le tabac est addictif ?

  • Le coeur
  • Les poumons
  • Le système digestif
  • La bouche
  • La peau
  • Les os
  • Le système reproductif
  • La santé mentale
  • L’addiction

Le coeur

La cigarette augmentent le niveau de monoxyde de carbone dans le corps et réduit le taux d’oxygène dans le sang. Les toxines composant le tabac ont aussi pour conséquence d’épaissir le sang. Cela force le coeur à travailler plus pour pomper le sang.

La nicotine encourage les glandes surrénales pour générer de l’adrénaline. C’est ce qui favorise l’envie pressante de fumer. L’adrénaline augmente le rythme cardiaque et la pression artérielle, mettant une certaine pression sur le coeur.

Le tabac endommage les artères (les tubes qui permettent au coeur de circuler dans le corps), ce qui peut aura pour conséquence de les obstruer par un mix de substances grasses et de tissus cicatriciels appelés athérome.

Par conséquent, fumer rétrécit les artères, restreignant le flux de sang dans le corps et vers les organes vitaux. Un morceau d’athérome peut se rompre et interrompre la  circulation sanguine et engendrer la formation d’un caillot sanguin. Ces caillots peuvent causer un AVC, une angine de poitrine et des attaques cardiaques.

Selon une étude de l’UCL, les gros fumeurs ont trois fois plus de risques que les non fumeurs de développer une maladie cardiaque. Le risque diminuera grandement dans les 5 à 10 ans après avoir arrêté de fumer.

Les poumons

Nous avons déjà mentionné que le tabac est responsable des principaux  cas de cancers du poumon. C’est l’un des cancers les plus difficiles à soigner et on estime à 5% le nombre de patients pouvant vivre plus de 10 ans après avoir survécus à cette maladie.

Le tabac contient des milliers d’agents chimiques et plus de 70 d’entre eux sont cancérigènes. La fumée de cigarette et le goudron qu’elle provoque, endommageront les tissus des poumons. Ces substances n’endommageront pas uniquement l’ADN des poumons mais aussi l’habilité des tissus à se réparer d’eux-mêmes. C’est ce qui augmente dangereusement le risque de croissances cancérigènes.

La cigarette est responsable de plus de 80% des décès liés à une bronchopneumopathie chronique obstructive (BPCO). Ce terme couvre un certain nombre de maladies qui affectera les poumons, dont les bronchites et l’emphysème.

L’emphysème est causée par les dommages du tabac sur les petites poches d’air dans les poumons. Vous pouvez développer une bronchite suite à l’endommagement des tissus dans les poumons et les voies respiratoires (bronches). Cela causera une inflammation et un accumulation de mucus. Les symptômes incluent des toux persistantes, des sifflements, des infections récurrentes de la poitrine et des difficultés respiratoires. Ces symptômes s’aggraveront progressivement dans le temps.

Le fait d’arrêter de fumer ne pourra pas réparer les dommages causés sur les poumons mais cela permettra de les stopper. En outre, le suivi d’un traitement médical permettra de gérer les symptômes ressentis.

Le système digestif

Les fumeurs ont un risque plus élevé de développer un cancer de l’estomac, des reins, du foie, de l’oesophage, du côlon, du rectum et du pancréas.

Environ un cas de cancer de l’estomac sur cinq est causé par la fumée de cigarette. En effet, l’inhalation de la fumée peut endommager les tissus de l’estomac et engendrer des croissances cancérigènes.

Arrêter de fumer permettra de diminuer considérablement le risque de certains cancers.

Les fumeurs ont aussi une probabilité plus importantes des complications médicales telles que la maladie de Crohn, des pancréatites, des calculs biliaires, des reflux gastro-oesophagien pathologiques (GERD), des brûlures d’estomac et des ulcères peptiques.

La bouche

Fumer peut aussi réduire la sensation de goût, donner une mauvaise haleine et jaunir ou noircir les dents. En outre, la cigarette augmente le risque de développer un cancer de la bouche, des lèvres, de la gorge, du cou, des cordes vocales et de la langue. On estime que trois quarts des cas de cancer de la bouche sont engendrés par le tabac. Ce risque augmente chez les fumeurs qui consomment aussi de l’alcool.

Les produits sans combustion comme le tabac à mâcher, les noix de bétel ou le snus peuvent réduire le risque de certains cancers mais augmentent la probabilité de développer des cancers de la bouche et de la gorge.

Les cigares et les pipes sont aussi liés aux cancers des fumeurs car ils favorisent l’inhalation la fumée plutôt dans la bouche que les poumons.

La peau

La diminution du niveau d’oxygène dans le sang, ainsi que les toxines présentes dans la nicotine peuvent rendre la peau plus pâle, voire grise, et engendrer de la sécheresse. En outre, les rides apparaîtront plus tôt car les vaisseaux sanguins se rétrécissent et n’apportent pas assez d’oxygène, ni les nutriments importants (vitamine A ou C) pour les cellules de la peau.

Les os

Les toxines qui entrent dans le corps par l’intermédiaire du tabac déséquilibrent les hormones et entravent la production d’oestrogènes nécessaires au renforcement des os. Elles augmentent plutôt le niveaux des hormones cortisol, qui peuvent affecter la densité osseuses.

Le tabac peut être particulièrement risqué pour les femmes qui souffrent d’ostéoporose, spécialement pendant la ménopause, lorsque le niveau d’oestrogènes commencent naturellement à chuter.

Le système reproductif

Chez les hommes, la fumée de cigarette peut inhiber la circulation sanguine vers le pénis et engendrer de l’impuissance. Le tabac peut aussi réduire la production de spermatozoïdes, tout comme endommager la structure ADN des spermatozoïdes et augmenter le risque de cancer des testicules.

Chez les femmes, le taux de fertilité aurait tendance à diminuer. En effet, une étude en particulier montre que les femmes fumant plus de dix cigarettes par jour ont un tiers de chances en moins de tomber enceinte.

Pendant la grossesse, les femmes qui fument ont un risque plus important de faire une fausse couche ou d’accoucher de manière prématurée. Les femmes qui fument ont aussi une probabilité plus élevée de développer un cancer cervical.

La santé mentale

En plus du stress causé résultant de l’addiction à la nicotine (symptômes de manque), la fumée de cigarette engendre la production importante de dopamine. Cette dernière est libérée dans le cerveau et aide à soulager le stress et à ressentir une sensation de plaisir. Après un certain temps, le cerveau commence à arrêter de produire par lui-même de la dopamine et à engendrer une dépendance aux effets de la cigarette.

Un rapport de 2014 suggère que les fumeurs journaliers ont deux fois plus de risques que les non fumeurs de développer une schizophrénie. La nicotine peut en effet endommager le cerveau.

Pourquoi les fumeurs deviennent dépendants au tabac ?

Lorsque la fumée de cigarette est inhalée, la nicotine atteint le cerveau en quelques secondes. Cette pointe de nicotine augmente le niveau de noradrénaline et de domapine dans le système nerveux central, réduit le stress et provoque une sensation de relaxation.

Après un certain délai, le corps développe une tolérance à la nicotine. Ainsi, pour ressentir le même plaisir, un fumeur devra fumer de plus en plus. Être incapable de fumer cause une sensation d’irritabilité et de stress, tout comme des symptômes de manque.

Les cigarettes peuvent aussi faire partir de la routine journalière, ce qui complique encore plus l’arrêt du tabac. De nombreux fumeurs commenceront leur journée par une cigarette ou auront l’habitude de fumer après chaque repas ou lors de leurs pauses au travail. Le tabac permet aussi aux fumeurs de gérer avec les situations de stress ou d’anxiété.

Comment arrêter de fumer ?

Pour maximiser les chances du succès et arrêter pour du bon, de nombreuses associations et de services médicaux spécialisés vous aideront.

Il est probable qu’un traitement avec ou sans ordonnance vous soit prescrit et que l’on vous invite à consulter un tabacologue.

Varenicline (vendu sous le nom de Champix) et Buproprion (Zyban) sont deux traitements sous ordonnance élaborés pour arrêter de fumer.

On peut aussi vous conseiller une thérapie de remplacement de la nicotine: patchs de nicotine, chewing-gum, inhalateurs, sprays ou comprimés.

Les e-cigarettes sont devenues particulièrement populaires. Même si elles contiennent de la nicotine, elles ne se composent pas de goudron ou de monoxyde de carbone. Elles ne sont pas remboursées par la SECU et leur bénéfice sur la santé n’a pas encore été prouvé. Néanmoins, de nombreux fumeurs dans le monde ont arrêté de fumer grâce aux cigarettes électroniques.

Arrêter la cigarette n’est pas facile. Mais de nombreuses aides, médicales ou non, sont disponibles pour vous aider. Et n’oubliez pas que ne plus fumer changera votre santé.