Nous savons tous qu’il est particulièrement difficile d’arrêter de fumer.

Selon tabac-info-service.fr, plus de la moitié des fumeurs réguliers veulent arrêter de fumer; 58% pour être exact. Mais sur 16 millions de fumeurs, seules 400 000 personnes par an atteignent leur objectif.

Si l’on regarde sur le long terme, le nombre de fumeurs a diminué. Dans les années 1960, on comptabilisait 57% de fumeurs. Aujourd’hui, on estime que 32% des français fument.

Cette chute peut en partie s’expliquer par un certain nombre de raisons.

Tout d’abord, les dangers pour la santé (maladies cardiaques, plusieurs formes de cancer et de BPCO…) que représente le tabac sont désormais connus de tous. Il y a 40 ans, ces risques sanitaires étaient ignorés.

Deuxièmement, plusieurs pays ont mis au point des restrictions quant à la commercialisation et à la vente des paquets de cigarette. Les taxes sur le tabac ont fortement augmenté et par conséquent, le prix des cigarettes est plus cher. En outre, les règles strictes de publicité ont compliqué la vente de tabac auprès des consommateurs.

Enfin, l’introduction de nombreuses méthodes visant à arrêter de fumer, dont les produits de substitution nicotinique, des traitements médicaux ou des groupes d’aide, permettent aux personnes souhaitant arrêter de fumer de recevoir l’aide souhaitée.

Chaque fumeur devrait se donner pour objectif d’arrêter la cigarette. Cela vous aidera à réduire le risque de développer l’une des maladies associées. Les ex-fumeurs remarqueront très vite les bénéfices sur leur santé.

Bien sûr, chaque fumeur est différent. Ce n’est pas parce qu’une méthode fonctionne pour une personne qu’elle sera efficace pour tous.

Mais comme nous l’avons déjà indiqué, de multiples méthode existent. Ainsi, si vous essayez une première méthode d’arrêt du tabac et qu’elle ne produit pas les effets escomptés, d’autres options peuvent être explorées.

Les méthodes les plus fréquemment utilisées sont:

  • Traitement sous ordonnance médicale (Zyban et Champix)
  • Thérapie de remplacement de la nicotine
  • Cigarettes électroniques
  • Sevrage brutal

Traitement sous ordonnance médicale (Zyban et Champix)

Il existe deux médicaments sous ordonnance, spécifiquement élaborés pour arrêter le tabac.

Lorsqu’un patient prend l’un de ces médicaments, il arrêtera rapidement de fumer. Ces traitements permettent en effet de réduire les effets du sevrage de nicotine.

Le Zyban est produit par le laboratoire GlaxoSmithKline et a été approuvé en 1997. Il contient pour agent actif du bupropion. La durée du traitement sera généralement de neuf semaines. Cette substance active empêche la réabsorption de certains neurotransmetteurs chimiques dans le cerveau, qui sont généralement stimulés par l’inhalation de nicotine.

Cela signifie que le patient suivant ce traitement ne ressentira pas autant les effets de manque que s’il ne prenait pas ce médicament.

Le Champix est un médicament sous forme de comprimé, fabriqué par le laboratoire Pfizer et commercialisé depuis 2006.

Sa posologie est identique à celle du Zyban. Les patients commenceront par prendre une dose faible. Il faudra ensuite augmenter le dosage au moment d’arrêter de fumer. Le traitement peut durer jusqu’à 12 semaines maximum. Le docteur décidera s’il faut réduire ou arrêter le traitement.

L’agent actif du Champix est la varénicline, qui agit sur les récepteurs de la nicotine dans le cerveau. Cette substance permet concrètement de prévenir les envies de nicotine. Il a aussi l’avantage de diminuer les effets de la nicotine inhalée sur ces récepteurs. Ainsi, si un patient suit le traitement, mais fume toujours, ils ne ressentiront plus le plaisir habituel au moment de fumer.

Ces médicaments ne conviennent pas à tous. En raison du risque d’effets secondaires, votre docteur devra contrôler votre profil médical. Il est aussi important de noter que ces médicaments ont pour but d’être utilisés dans le cadre d’un programme d'aide à l'arrêt. Ce dernier peut inclure une aide, avec un tabacologue ou un groupe de soutien, et un contrôle régulier de la part de votre docteur.

Lors de leurs essais cliniques, ces deux médicaments ont montré leur efficacité pour arrêter de fumer.

Les thérapies de remplacement de la nicotine

Pendant de nombreuses années, les thérapies de remplacement de la nicotine étaient considérées comme l’option logique pour ceux qui voulaient arrêter de fumer. Ces dernières se présentent sous de multiples formes, dont des patchs transdermiques, des chewing gums, des pastilles ou des inhalateurs.

Ces produits délivrent de la nicotine dans le corps, compensant le besoin régulier de nicotine des ex-fumeurs. Par conséquent, cela permet sur le moyen terme de réduire les envies de fumer.

En raison de leurs différentes méthodes d’administration, le taux de nicotine consommé peut varier.

Par exemple, les patchs de nicotine libèrent une dose graduelle sur 16 à 24 heures (selon qu’ils sont à retirer ou pas pendant la nuit).

Le patch est à remplacer une fois par jour et est disponible en plusieurs dosages. Généralement, une personne commencera par appliquer un patch avec un dosage est élevée et réduira la dose au fur et à mesure des semaines.

Les autres thérapies de remplacement de la nicotine, comme les chewing gums, les inhalateurs et les pastilles, peuvent délivrer une dose plus courte et moins dosée en nicotine. Ce type de produits agit plus comme une bouffée de nicotine et a pour fonction de soulager les envies soudaines de fumer.

La nicotine contenue dans les produits de remplacement sous forme de pastilles et de chewing gums, permet de faire pénétrer la nicotine des tissus vers le sang. Ils doivent être mâchés d’une manière particulière, afin d’être sûr que la nicotine est correctement diffusée dans le corps. Le début du traitement doit coïncider avec la date à laquelle on arrête de fumer. Certaines marques conseillent de suivre le traitement pendant au moins 12 semaines et de réduire lentement et graduellement la dose de nicotine.

Les inhalateurs permettent de délivrer de la nicotine par l’intermédiaire des tissus de la bouche. Certaines personnes préfèrent cette méthode car ils reproduisent le geste de fumer une cigarette.

Plusieurs marques offrent ce type de produits. Dans certains cas, votre docteur peut vous diriger vers une catégorie de thérapie de remplacement de la nicotine en particulier. Car selon le profil du fumeur, certaines catégories sont plus appropriées que d’autres. Le dosage et la durée du traitement peuvent évoluer selon les habitudes du patient: depuis combien de temps fumez-vous ? Combien de cigarettes fumez-vous par jour ?

Une étude sur le sujet a permis de montrer que les thérapies de remplacement de la nicotine augmentent de 50% à 70% les chances d’arrêter de fumer. D’autres rapports suggèrent que le suivi d’un seul programme d’arrêt doublera les chances d’en finir avec le tabac.

Les cigarettes électroniques

Les dispositifs de vaporisation, plus communément appelés cigarettes électroniques ou e-cigarettes, connaissent un important succès.

Les cigarettes électroniques permettent de reproduire l’action de fumer puisque le dispositif est élaboré comme une cigarette et délivre le même type de ‘fumée’ (vapeur).

En fait, l’e-cigarette contient un liquide à base de nicotine. Au moment de l’inhaler, le dispositif produira de la vapeur qui contiendra donc une dose de nicotine. Comme le tabac n’est pas brûlé, l’utilisateur peut inhaler de la vapeur de nicotine mais sans inspirer les composants chimiques contenus dans la cigarette. Le monoxyde de carbone et le goudron ne seront donc pas inhalés, ce qui est un avantage non négligeable.

Différentes études sur les e-cigarettes suggèrent qu’elles aident efficacement les fumeurs à stopper la consommation de tabac. Elles seraient 60% plus efficaces que les thérapies de remplacement de la nicotine en vente libre: “largement similaires” aux médicaments sous ordonnance avec “un soutien comportemental limité”; mais moins efficaces que les traitements sous ordonnance avec “un soutien comportemental spécialisé”.

L’utilisation des cigarettes électroniques pour arrêter de fumer est toujours sujet à débat car étant un produit récent, il n’existe pas d’étude permettant d’analyser les effets sur le long terme et si elles peuvent être dangereuse pour la santé.

“Aujourd’hui, les connaissances scientifiques ne permettent pas d’établir formellement la dangerosité de la cigarette électronique. Cependant, dans son avis 2016, le HCSP souligne que des études récentes ont montrées que certains composants des e-liquides pouvaient être toxiques, comme le diacétyle. S’il est inhalé après avoir été chauffé, il peut provoquer des dommages pour les poumons.

Le sevrage brutal

Un tel sevrage correspond au fait d’arrêter de fumer, sans utiliser aucune aide. On s’appuie uniquement sur la volonté psychologique et donc les techniques mentales. Certaines études comparant le sevrage brutal à l’utilisation des thérapies de remplacement de la nicotine et des e-cigarettes ont révélé des résultats plutôt positifs. Pourtant arrêter de fumer via cette méthode est probablement la méthode la plus difficile.

Cependant, c’est une approche qui fonctionne pour certains et que la plupart des fumeurs souhaitant arrêter de fumer essayeront en premier.

Le nombre de cigarettes fumées quotidiennement ainsi que le nombre d’années depuis lesquelles on fume ont un impact important sur le succès d’un sevrage brutal. Les fumeurs occasionnels peuvent être moins conditionnés à consommer régulièrement de la nicotine et sont donc mieux équipés pour gérer les crises d’envies. Il est logique que ce soit plus difficile à gérer pour les gros fumeurs.

Seule un pourcentage des personnes suivant cette méthode arriveront à atteindre l’objectif souhaité. Et en général, plusieurs tentatives seront nécessaires avant d’arrêter définitivement la cigarette.

Mais même si sur le papier cette méthode ne semble pas être la plus simple ou la plus efficace, vous n’avez rien à perdre à essayer. Peut-être que ce sera la bonne méthode pour vous.

Les personnes arrivant à arrêter la cigarette sans suivre un traitement médical sous ordonnance ou une thérapie de remplacement de la nicotine peuvent toujours consulter les centres d’aides, afin d’obtenir l’aide souhaitée.